Scandale de Tinounou

Episode dramatique de la Bouderie des Esclaves (XVIIIème siècle), expression de la grogne d’une minorité de travailleurs souples.

Le 3 mars 1723, le Gouverneur de Sainte-Chounaise, île des Antilles appartenant à la France, promulgue une nouveau règlement décidant que les esclaves devront s’acquitter d’un loyer pour pouvoir bénéficier de leur hamac. Les esclaves grognent, prétextant que dans la mesure où ils ne touchent aucun salaire en échange de leurs 18 heures de travail quotidien, il leur est impossible de trouver de l’argent.

C’est le début de la Bouderie, qui va paralyser l’économie de Sainte-Chounaise et bloquer les quelques français libres présents sur l’île.

Le Royaume envoie des navires pour bombarder l’île afin d’éviter la casse et les débordements. Mais les esclaves restent sourds aux propositions du pouvoir : ils se dispersent sur l’île pour éviter les bombes, suscitant l’angoisse chez les quelques français libres.

Le 18 juin, alors qu’un esclave réagit de façon décevante à l’explosion d’une bombe dans son dos, un pigeon fait une crotte sur la Statue de Tinounou, représentant un petit enfant mignon. C’est le Scandale de Tinounou, qui va susciter des réactions indignées de la part des personnalités de l’époque. Aussitôt, le Gouverneur prive les esclaves de l’usage de la parole en leur enfonçant des hamacs dans la bouche.

Nettoyer la tache sur Tinounou nécessitera trois minutes de travail et la levée d’un impôt supplémentaire qui rendra les esclaves très impopulaires.

Patati patata